Le passage à la voiture électrique semble inéluctable, mais vous l’appréhendez encore pour de nombreuses raisons. Certaines peuvent être justifiées, souvent en raison de votre usage de la voiture au quotidien, mais d’autres n’ont plus lieu d’être. MaNouvelleVoiture.com fait le point sur les idées reçues qui persistent encore sur les voitures électriques.
« La voiture électrique est faite pour la ville » - Faux
La voiture électrique a été considérée et promue comme étant une citadine née. Il est vrai que dans la circulation urbaine, son absence de bruit et d’émissions, ainsi que sa faculté de récupérer de l’énergie dans les très nombreuses phases de ralentissement « offertes » par le trafic urbain, en ont fait la candidate parfaite pour les centres-villes. Or, si ces critères sont exacts, la voiture électrique est bien plus à son aise en périphérie des villes, voire en campagne. La raison est simple : toutes les maisons peuvent disposer d’une prise domestique (a minima renforcée) dédiée à la charge d’une voiture électrique, alors que toutes les places de stationnement en ville n’en sont pas pourvues, loin de là. Quant à installer des bornes dans les parkings des copropriétés, si cela est prévu par la loi, les procédures peuvent être longues.
Par ailleurs, le tracé des routes de campagne permet également de récupérer régulièrement de l’énergie au freinage : il est alors possible de consommer moins de km pour un rayon d’action donné. Enfin, le trajet moyen en France se situant entre 35 et 40 km, une autonomie de 400 km permet de tenir bien plus d’une semaine sans avoir à recharger.
« La voiture électrique n’est pas adaptée aux longs trajets » - Faux
Qui a dit qu’il n’était pas possible de rallier Marseille à Lille avec une voiture électrique ? Le trajet est tout aussi réalisable qu’avec un modèle thermique, il sera toutefois plus morcelé en raison des fréquents arrêts pour recharger. Ce qui fait sans doute peur à certains. Oui, la durée totale du parcours sera rallongée, toutefois, ce point négatif peut facilement devenir positif. Conduire sur autoroute est fatigant et, s’il est important de faire des pauses toutes les deux heures, malheureusement beaucoup trop de conducteurs s’en affranchissent. La voiture électrique vous obligera à faire ces arrêts et vous serez bien plus frais à l’arrivée. Par ailleurs, il n’est pas utile de s’arrêter durant des heures pour remplir sa batterie à 100%. Bien souvent, une recharge d’une vingtaine de minutes suffit pour rallier le point suivant. Pour cela, il vous faudra l’assistance d’un planificateur de trajets : cet outil permet de prévoir les points de recharge sur le parcours ainsi que leur durée. De plus, au 30 juin 2023, 99% des aires du réseau autoroutier concédé disposent d’une station de recharge (dont 83% ont une puissance supérieure à 150 kW), cela représente une station tous les 50 km.
« Aucune voiture électrique ne correspond à mon usage » - Faux, mais…
L’électrique a investi l’ensemble des segments du marché : de la micro-citadine (Citroën Ami), au monospace familial (Opel Zafira Life), en passant par la gamme compacte (Peugeot e-308). Vous trouverez des modèles urbains, des berlines, des SUV, des breaks… Les constructeurs ont, pour beaucoup, calqué leur offre électrique sur leurs gammes thermiques : si vous aviez une Peugeot 208 essence avec laquelle vous réalisiez environ 10 000 km par an, le passage à une Peugeot e-208 est tout à fait envisageable. Toutefois, si vous réalisez quotidiennement de longs trajets, le modèle électrique n’est pas fait pour vous : l’essence et le diesel seront toujours plus adaptés à ces usages.

« Une voiture électrique c’est cher » - vrai et faux
Un rapide coup d’œil sur les tarifs affichés par les constructeurs vous donnera raison : la différence de prix entre une voiture électrique et un modèle thermique est nettement à l’avantage du second (environ 15 000 €). Toutefois, cet écart peut aisément se réduire grâce aux aides financières proposées par l’Etat, comme le bonus écologique* ou la prime à la conversion**. Cumulables entre elles, ces aides peuvent également s’ajouter aux coups de pouce dispensés par les collectivités régionales et locales. N’hésitez pas à jeter un œil sur le site je-roule-en-electrique.fr, il se peut que le montant final soit proche, voire inférieur au modèle thermique équivalent (s’il est impacté par un malus…).
Une fois acquise, la voiture doit être entretenue : sur ce point, le modèle électrique prend sa revanche sur son rival thermique. En effet, dans ses entrailles, point de courroies, de bougies, de boîte de vitesses, d’huile… Il reste le système de freinage (plaquettes, disques, liquide), les pneumatiques, les suspensions, les essuie-glace… Les intervalles d’entretien sont ainsi plus espacés (tous les 30 000 km, au lieu de tous les 15 000 ou 20 000 km) et le coût global est inférieur d’environ 30%. Par ailleurs, les freins s’useront moins rapidement grâce au système de freinage régénératif. En revanche, vérifiez régulièrement vos pneumatiques : le poids plus important de la voiture électrique les use prématurément (environ 25% plus vite).
A l’usage, le coût aux 100 km est également à l’avantage de la voiture électrique : en moyenne 3€ / 100 km, contre 8€ / 100 km pour une thermique. Il faut toutefois prendre en compte le lieu de recharge : à domicile, le prix du kWh sera moins élevé que sur l’autoroute. Quant à l’augmentation régulière du prix de l’électricité, c’est un fait, mais c’est le cas pour toutes les énergies disponibles (gaz, pétrole…). L’électricité peut, par ailleurs, être créé soi-même grâce à des panneaux photovoltaïques…

« Recharger une voiture électrique c’est compliqué » - vrai et faux
A fin septembre 2023, la France comptait près de 110 000 points de recharge ouverts au public, soit 163 points pour 100 000 habitants. Cela représente une augmentation de 53,3 % par rapport à septembre 2022. Ces stations se trouvent en majorité sur la voie publique ou sur le parking de commerces (enseignes de la grande distribution, magasins spécialisés…). Elles sont accessibles aisément, mais il faudra parfois disposer d’une carte spécifique pour valider la transaction. Chaque réseau de distribution développant son moyen de paiement, vous pouvez aisément vous retrouver avec une dizaine de cartes. L’usage de la carte bancaire tend certes à se développer, mais cela n’est pas encore généralisé. Aussi, est-il préférable de s’informer sur les bornes à disposition dans son environnement proche, avant de franchir le pas de l’électrique. Des applications répertorient les points de recharges. Toutefois si vous disposez d’une prise à domicile (renforcée ou wallbox), votre voiture sera principalement branchée chez vous. Le réseau disponible sur la voie publique vous servira lors des longs trajets. Vous appréhenderez alors la différence d’usage avec une voiture thermique : nul besoin d’attendre d’être sur la réserve pour faire « le plein ». La voiture électrique se branche dès que possible : elle se rapproche en cela de votre téléphone portable.

*Bonus écologique 2023 : 27% du prix d’achat (options comprises) limité à 5 000 € (jusqu’à 7 000 pour les ménages dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 14 089 €), pour une voiture dont le prix n’excède pas 47 000 €.
**Prime à la conversion 2023 : jusqu’à 5 000 € (sous condition de revenus) pour la mise au rebut d’une ancienne voiture (mise en circulation avant le 1er janvier 2006 pour une essence, et avant le 1er janvier 2011 pour un diesel). Elle est majorée de 1 000€ pour les habitants des ZFE-m.





