Ça y est, vous avez franchi le pas de l’achat d’une voiture électrique. Un nouveau monde automobile s’ouvre à vous. Toutefois, une fois installé derrière le volant, si certains éléments vous sont familiers, d’autres peuvent apparaître plus abscons. Soudain, une question vous taraude : « est-ce qu’une voiture électrique se conduit comme mon ancienne essence ? » Rassurez-vous, le principe est le même : un volant, quatre roues, un moteur… Mais le diable se cachant dans les détails, il y a certaines habitudes à prendre pour profiter pleinement de votre nouvelle automobile.
Les particularités du poste de conduite d’une voiture électrique
Avant de « mettre en route » le moteur, prenez quelques instants pour vous familiariser avec le nouveau poste de conduite. Le volant est certes toujours présent, les pédales aussi, mais elles sont forcément réduites à deux unités (comme sur tout modèle à boîte automatisée), et les compteurs, généralement derrière le volant, indiquent toujours la vitesse. Cependant, certaines informations ont évolué. Ainsi, la jauge du carburant est remplacée par une nouvelle indiquant le niveau de charge de la batterie. Quant au compte-tours, il disparaît au profit d’un manomètre indiquant le niveau de puissance délivrée et la force de la régénération de l’énergie lors des phases de décélération et de freinage. Nous reviendrons sur ce point par la suite. Le niveau de l’autonomie restante pourra être indiqué en km ou en pourcentage. Une information certes importante, mais ne soyez pas focalisé constamment dessus : avec l’habitude des trajets, il sera possible de descendre bien plus bas que sur une voiture thermique pour laquelle cette donnée disparaît en dessous d’un certain seuil.

N’usez plus vos freins avec une voiture électrique
Après avoir « mis le contact », si vous n’entendez rien, c’est normal. Pour vous indiquer que l’auto est prête à partir, les compteurs s’illuminent et un petit voyant « ready » peut parfois apparaître. La suite se passe comme pour une voiture avec boîte automatisée : passez en position D (Drive) et accélérez. Attention, le couple est ici disponible rapidement : la voiture peut ainsi « décoller » fortement. Cette caractéristique inhérente aux modèles électriques vous permettra, par ailleurs, d’engager des dépassements sans aucun stress. Attention (bis) : si la voiture part vite à la moindre pression sur l’accélérateur, elle peut ralentir tout aussi rapidement au levé du pied. C’est le freinage régénératif. Le moteur électrique se transforme en effet alors en génératrice d’énergie pour recharger la batterie : cela crée une force magnétique entrainant le freinage des roues. Ce système offre un avantage très appréciable : les freins (plaquettes, disques, tambours) ne sont ici pas sollicités, donc ils ne s’usent pas… Certains modèles offrent la possibilité de moduler la force de ce freinage régénératif, via des palettes derrière le volant ou un bouton B (pour Brake). À l’usage, vous vous amuserez à mener votre auto seulement avec l’accélérateur, n’utilisant la pédale de frein que pour l’immobiliser.
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Une voiture électrique est majoritairement rechargée à domicile
Comme une voiture essence (ou diesel) classique dont il est nécessaire de « refaire le plein », un modèle électrique doit être rechargé régulièrement. Les branchements sur bornes rapides sont souvent mis en avant dans les publicités des constructeurs en raison des temps de recharge plus courts. Pourtant, c’est majoritairement (83 %*) à votre domicile que votre voiture sera le plus souvent ravitaillée en énergie. Pour cela, une simple prise domestique suffit : c’est d’ailleurs ce que font 45 % des utilisateurs de voitures électriques*. Généralement, en une nuit la batterie est remplie. C’est largement suffisant pour réaliser les 47 km parcourus en moyenne en France par les utilisateurs de voitures électriques*. Toutefois, MaNouvelleVoiture.com vous conseille d’installer, au minimum, une prise renforcée type Green’up ou Witty, et ce, en direct sur votre compteur : pour un coût modique, elle permet de délivrer une puissance de 3,7 kW, soit le double de la puissance d’une prise standard, tout en sécurisant l’installation électrique. Si vous avez une utilisation plus intensive de votre voiture électrique, une prise type WallBox est parfaitement envisageable et vous permettra encore de diminuer par deux le temps de recharge. Attention : ne branchez JAMAIS votre prise sur une rallonge. Autre intérêt de cette prise à domicile, elle permet de mettre l’habitacle à la température idéale avant de prendre la route : l’énergie alors consommée ne vient pas diminuer l’autonomie. Dans tous les cas, vous pourrez ravitailler quand bon vous semblera, il ne sera plus nécessaire d’aller à la station-service. Enfin presque plus…

La voiture électrique sur les longs trajets
L’autonomie des voitures électriques est largement suffisante pour les trajets du quotidien, mais elle ne doit pas être considérée comme un frein à l’évasion. Dans 63 % des cas étudiés* en 2023, cette voiture électrique est aussi utilisée pour les déplacements exceptionnels, notamment pour des escapades le week-end ou les départs en vacances : c’est 11 points de mieux qu’en 2022. La confiance gagne donc du terrain et les usages contredisent les craintes. Pour rassurer encore les futurs utilisateurs, depuis l’été 2023, 99 % des aires d’autoroute disposant d’une station-service, sont équipées d’un hub de recharge (plusieurs bornes). Le trajet pour rejoindre votre lieu de vacances sera certes plus long, mais il ne faut pas oublier qu’une pause est fortement conseillée toutes les deux heures : profitez de ces arrêts pour ravitailler. Par ailleurs, un trajet longue durée, cela se prépare : un planificateur indiquant les zones de recharge où s’arrêter sur votre parcours en fonction de votre autonomie est absolument indispensable. Une fois sur l’autoroute, ayez en tête que la récupération d’énergie sera bien moins fréquente et importante que sur routes départementales : la pression sur l’accélérateur est constante, comme la vitesse, et les décélérations, comme les freinages, sont moins nombreux. L’autonomie aura ainsi tendance à baisser plus vite. Mais un bon planificateur de trajet prend cela en compte, à l’instar d’un GPS connecté qui intègre le trafic routier dans son calcul. Un conseil, n’oubliez pas de préserver un niveau correct d’autonomie à l’arrivée : si vous partez à la montagne, la station de recharge peut ne pas être à proximité et le froid pourrait faire baisser ce niveau.
À LIRE : Le guide complet de la recharge des véhicules électriques
Une voiture électrique se conduit avec plus d’anticipation qu’une thermique
La conduite d’une voiture électrique est très proche de celle d’une voiture thermique, et l’autonomie moins élevée de cette dernière ne doit pas être un frein. La différence entre les deux technologies n’est pas tant cette autonomie que l’usage même de l’auto : alors que la voiture thermique est souvent surdimensionnée par rapport à l’usage quotidien qui en est fait, l’électrique est mieux calibrée pour une utilisation ordinaire de chaque jour. Quant aux vacances, week-ends en amoureux et autres déménagements potentiels, ils sont parfaitement envisageables, avec un peu d’anticipation, de préparation et les bons outils (planificateurs de trajets).
À LIRE : L’écoconduite pour les voitures électriques
*selon une étude BVA de 2023 pour l’Observatoire de la transition écologique





